Aperçu des marchés
Au deuxième trimestre, les marchés boursiers mondiaux sont restés résilients, les actions américaines figurant parmi les plus performantes. On attribue la vigueur des actions américaines à quelques grandes sociétés technologiques, y compris certaines qui sont dans la mire depuis que les percées majeures en matière d’intelligence artificielle dominent les manchettes. Par contre, les actions chinoises ont perdu du terrain car la croissance anticipée depuis le retrait des restrictions liées à la COVID-19 a été inférieure aux attentes.
Au Canada, le taux d’inflation sommaire a baissé tandis que la croissance du PIB et le marché du travail sont demeurés robustes malgré une conjoncture de politique monétaire difficile. En fin de compte, la Banque du Canada a réitéré son engagement à lutter contre l’inflation et relevé son taux directeur de 0,25 % au cours du
trimestre. Les taux obligataires ont augmenté et les cours des obligations canadiennes ont reculé.
Le dollar canadien s’est apprécié par rapport à beaucoup de devises pendant le trimestre, ce qui a réduit le rendement des actifs étrangers. Une exception digne de mention a été la livre sterling, qui s’est appréciée par rapport au dollar canadien étant donné que la Banque d’Angleterre a relevé son taux d’intérêt de 0,50 % en juin.
Le yen japonais s’est aussi considérablement déprécié pendant la période.
Comment avons-nous performé?
Les récentes percées en matière d’intelligence artificielle (IA) ont mis en lumière à quel point les technologies demeurent une source de changements, de perturbations et de nouvelles possibilités qui touchent notre quotidien. C’est incroyable de voir à quelle vitesse l’IA s’infiltre dans nos vies. On n’a qu’à penser à la rapidité avec laquelle
Microsoft a incorporé l’IA à Bing, son moteur de recherche. Bien qu’on n’ait pas encore mesuré le plein potentiel de l’intelligence artificielle, les marchés sont tournés vers l’avenir et ont déjà récompensé certaines entreprises aptes à bénéficier de cette percée au cours du trimestre telles Apple, Microsoft, NVIDIA, Amazon, Meta, Tesla et Alphabet. Parmi celles-ci, nous détenons des actions de Microsoft, Amazon et Alphabet. Même si ces sociétés technologiques ont obtenu les meilleurs résultats de notre portefeuille, la sous-pondération relative de ce groupe a quelque peu freiné le rendement relatif.
Certaines entreprises devraient pouvoir profiter des percées en matière d’IA, mais les répercussions sont moins évidentes pour d’autres, comme le titre en portefeuille Teleperformance, qui exploite des centres d’appels. Bien que Teleperformance soit peut-être positionnée pour tirer parti de l’intelligence artificielle, qui lui permettrait de servir plus efficacement ses clients, la principale crainte est que, croyez-le ou non, des robots conversationnels incroyablement sophistiqués pourraient réduire considérablement la nécessité des centres d’appels. Compte tenu de ces risques et avantages potentiels, nous avons analysé des scénarios portant sur les revenus, les marges et leur impact ultime sur la valorisation de l’entreprise. Teleperformance est un des titres en portefeuille qui ont le moins bien réussi au cours du trimestre, aussi parce que le marché a mal réagi à son offre d’acquisition d’un concurrent.
Lorsque nous évaluons le thème de l’IA en tenant compte de notre horizon de placement, on s’aperçoit que l’impact complet et potentiel de l’évolution de l’intelligence artificielle est difficile à jauger. Cela étant dit, d’après notre expérience, les changements technologiques rapides ont tendance à séparer les dirigeants ultra compétents de ceux qui le sont moins. Pour faire une analogie avec le surf, l’intelligence artificielle a le potentiel d’être une vague monstrueuse : les excellents dirigeants seront capables de l’attraper et de surfer sur elle en améliorant leur proposition de valeur et en réduisant leurs coûts. Ainsi, nous continuons de privilégier les dirigeants de qualité, au lieu de tenter de prédire quels seront les gagnants et les perdants pour un thème donné, et c’est ce qui guide notre démarche.
Dans un autre ordre d’idées, Compass Group, plus grand service de traiteur au monde, a poursuivi sa forte reprise après la pandémie. Malgré les nombreux défis auxquels font face les traiteurs, ses revenus sont plus élevés qu’avant la pandémie. Les conditions d’exploitation plus difficiles ont donné du fil à retordre à ses concurrents moins bien organisés, malgré le fait que les clients choisissent de sous-traiter une plus forte proportion de leurs services de traiteur. Cette combinaison de facteurs a permis à Compass Group d’accroître sa part de marché et son avantage concurrentiel.
Plusieurs des titres en portefeuille les moins performants sont ceux qui ont souffert d’une diminution de la demande des fabricants de produits pharmaceutiques et des plus petites sociétés biotechnologiques. Satorius Stedim Biotech, qui fournit de l’équipement et des biens non durables utilisés à différents stades de la production de médicaments biologiques, a révisé à la baisse ses prévisions pour la prochaine année, alors que Waters et Bio-Rad, deux entreprises de sciences de la vie, ont enregistré de piètres résultats.
La stratégie équilibrée Mawer a terminé le trimestre en modeste hausse et a légèrement surclassé son indice cible, grâce au rendement supérieur de notre stratégie d’actions de sociétés canadiennes de petite capitalisation. Pendant ce temps, la stratégie équilibrée mondiale Mawer a obtenu un rendement positif et comparable à son indice cible. Bien que nos stratégies équilibrées aient joui du bon rendement des marchés boursiers au cours du trimestre, notre stratégie d’obligations canadiennes s’est quelque peu repliée parce que la hausse des taux a eu une incidence sur les cours obligataires.
Au sein de nos stratégies équilibrées, nous avons réduit la pondération cible des actions à deux reprises au cours du trimestre car les marchés boursiers ont remonté après avoir atteint un creux. Nous avons contrebalancé ces liquidations partielles en augmentant la pondération cible des obligations canadiennes et des liquidités. Dans
l’ensemble, nous croyons que cela ajoute de la résilience à nos portefeuilles, compte tenu des nombreux scénarios possibles. Même si le consensus du marché semble pencher en faveur d’un atterrissage en douceur, le contexte macroéconomique demeure très incertain : l’inflation diminue mais reste élevée, le marché du travail est résilient, la reprise de l’économie chinoise est plus lente que prévu et les tensions géopolitiques persistent.
À surveiller
La courbe des taux demeure inversée dans de nombreuses grandes économies, ce qui signale probablement un pas de plus vers une récession, dont on ignore encore l’ampleur et le moment. Les marchés continuent d’espérer un atterrissage en douceur et si ce n’est pas le cas, cela pourrait engendrer de la volatilité sur les marchés boursiers. La Banque du Canada a recommencé à lutter contre l’inflation, après une pause, ce qui laisse aussi entrevoir la possibilité d’une période prolongée de taux d’intérêt plus élevés, ce qui risque de se produire également en Europe et aux États-Unis.
Bien que le secteur bancaire semble s’être stabilisé pour le moment, le risque de dérapage persiste. Comme chacun sait, un sous-secteur qui est très préoccupant est celui de l’immobilier commercial, où le taux d’inoccupation est élevé et dont les perspectives sont incertaines, vu la popularité du télétravail.
Pour nous préparer à lutter contre ces risques, nous nous en sommes remis à notre méthode d’analyse ascendante. Notre philosophie de placement nous amène naturellement vers des entreprises dont la demande est plus stable, vu la nécessité des produits et services qu’elles procurent à leurs clients. Notre liste de vérification juricomptable est conçue pour nous éviter d’être aveuglés par une trame narrative et nous permettre de scruter méthodiquement les états financiers pour trouver des indices qui nous mèneraient vers des changements dans la qualité de l’entreprise ou de sa gestion. Dans la conjoncture actuelle, comme les chocs d’offre de la COVID-19 ont incité beaucoup d’entreprises à accroître leurs stocks, les entreprises dotées de stocks excédentaires subiront peut-être des pressions sur leurs marges bénéficiaires au cours des prochains trimestres si la demande diminue par rapport à la tendance actuelle. Ainsi, en plus de tenter de comprendre comment les entreprises composent avec l’inflation, nous examinons de près la conversion des liquidités et la durée des stocks en nombre de jours, surtout si la valorisation surpasse encore les bénéfices réalisés depuis le début de l’année.
Vu que l’incertitude entourant la récession continue d’assombrir les perspectives, nous avons décidé de garder le cap, en respectant les principes clés de notre philosophie de placement, à savoir maintenir des portefeuilles équilibrés et se préparer à toute éventualité.
