Aperçu des marchés
Au deuxième trimestre de 2024, les principaux thèmes observés au premier quart de l’année ont continué de s’imposer, la vigueur des marchés boursiers d’actions étant demeurée tributaire de la performance des sociétés axées sur l’intelligence artificielle (IA). Le secteur des services aux collectivités a même profité de l’élan de l’IA compte tenu des attentes voulant qu’un plus grand nombre de centres de données mène à l’accroissement de la demande d’électricité.
Sur le plan géographique, les actions des marchés émergents ont mené au chapitre des gains en raison de la forte exposition de ces derniers aux sociétés de semiconducteurs, notamment par l’intermédiaire du marché boursier de Taïwan. De même, les actions de croissance américaines ont fait un bond, entraînant dans leur sillage l’ensemble du marché des États-Unis, alors que la performance s’est avérée plus modeste en Europe et négative au Japon après les rajustements effectués pour tenir compte de la dépréciation du yen.
Le marché des actions canadiennes a aussi éprouvé des difficultés en raison de l’assombrissement des perspectives de croissance. La Banque du Canada (BdC) a divergé de la Réserve fédérale américaine (Fed) en commençant à réduire son taux d’intérêt directeur au cours du trimestre. Au Canada, la hausse inattendue de l’inflation vers la fin de cette période a compliqué le travail de la BdC compte tenu de la stagnation de l’économie. Malgré tout, son message aux intervenants du marché a laissé présager des décisions graduelles et tributaires des données en matière de politique monétaire. Pour leur part, les intervenants du marché ont tempéré leurs attentes relativement à une diminution des taux d’intérêt américains cette année, puisque la Fed continue d’opter pour le statu quo pendant qu’elle lutte contre une inflation persistante qui demeure difficile à maîtriser.
Les obligations canadiennes ont enregistré des taux de rendement positifs pendant le trimestre, l’extrémité courte durée de la courbe ayant fléchi alors que les taux à long terme ont largement fait du surplace.
Comment avons-nous performé?
Pendant le trimestre, plusieurs marchés des actions ont atteint de nouveaux sommets sous l’impulsion de la vigueur d’un segment étroit du marché, notamment les sociétés technologiques qui font partie de la chaîne d’approvisionnement des semiconducteurs ou qui sont positionnées pour réaliser des progrès en matière d’IA ou
pour en tirer parti.
- Nos placements dans les semiconducteurs ont continué d’avoir le vent dans les voiles. Citons entre autres TSMC, fabricant de semiconducteurs; ASM International, société de conception de la technologie de dépôt par couche atomique à plaquette unique; et ASML, fabricant de machines de lithographie par ultraviolets extrêmes (EUV). Ces sociétés détiennent des avantages concurrentiels solides qui découlent de leur expertise technologique, de leur réputation, de leurs barrières à l’entrée élevées et de leur part de marché considérable.
- Les entreprises susceptibles de profiter de leur position concurrentielle avantageuse au chapitre de l’accès à de grandes quantités de données et de renseignements propriétaires ont aussi fait bonne figure. Parmi cellesci, on retrouve Verisk Analytics, fournisseur de données au secteur de la sélection des risques d’assurance; et
RELX et Wolters Kluwer, fournisseurs de données de référence. - Les méga-entreprises mondiales de technologie, telles que Microsoft et Alphabet, ont poursuivi sur leur lancée formidable.
L’affaiblissement de la consommation a représenté une source croissante de préoccupations, vu que l’érosion du pouvoir d’achat à la lumière de l’inflation élevée pourrait avoir des répercussions sur les dépenses.
- Les cours boursiers de nos placements dans Sleep Country Canada et dans Pet Valu, détaillant de produits pour animaux de qualité supérieure, ont diminué compte tenu des craintes entourant la vigueur de la demande des consommateurs pour leurs produits.
- LVMH, société d’articles de luxe, a éprouvé des difficultés comparables à celles de nombreuses entreprises de produits de consommation discrétionnaire, comme ce fut aussi le cas de Nike, entreprise de vêtements, qui a perdu des parts de marché aux mains de ses concurrents.
Le penchant des consommateurs pour des articles à prix réduit peut avoir des répercussions variées, selon les modèles d’entreprise : Dollarama a connu un autre trimestre robuste en raison de son assortiment de produits et de ses niveaux de prix, qui continuent d’offrir une proposition de valeur distinctive aux consommateurs.
Sur le plan géographique, nos placements en France ont subi les contrecoups des sentiments des investisseurs envers les élections et l’incertitude accrue. Parmi les nombreux placements français qui ont tiré de l’arrière ce trimestre, citons Air Liquide, fournisseur de gaz industriel; Edenred, fournisseur de solutions de paiement; et
Ipsos, société d’études de marché.
Ce trimestre, la contreperformance considérable de plusieurs de nos stratégies d’actions (américaines et mondiales) découle partiellement de leurs difficultés à suivre le rythme d’un marché tributaire de quelques titres technologiques en plein essor. Pendant une période où une très petite poignée de titres dominent le marché, nous continuons de surveiller de près les actions à momentum élevé, telles que celles de Nvidia. L’éventail de résultats potentiels pour ce type de sociétés est très vaste, et leurs évaluations actuelles témoignent d’hypothèses voulant que la croissance de leurs bénéfices et de leurs marges demeure élevées pendant de nombreuses années à venir. Même si, évidemment, cela est possible, nous avons de la difficulté à envisager de tels scénarios avec un haut degré de probabilité. Par conséquent, nous sommes moins enclins à croire que le cours de ces titres est inférieur à leur valeur intrinsèque et, en fin de compte, nous sommes renforcés dans notre conviction que le respect de notre philosophie et de notre processus représente une stratégie judicieuse malgré la tentation de pourchasser les tendances courantes.
Pour les investisseurs dans des mandats équilibrés, le dernier trimestre s’est avéré relativement neutre, le rendement positif des obligations et des titres du marché monétaire ayant neutralisé la légère diminution de bon nombre de nos stratégies d’actions. En ce qui concerne la composition de l’actif, nous avons modérément accru la pondération d’obligations au début de juin, ce qui avait pour but de tenir compte des déviations, mais continuions de les sous-pondérer à la fin du trimestre. Au sein de notre stratégie équilibrée, nous avons réaffecté une partie additionnelle de nos actions américaines à la composante d’actions américaines de moyennes capitalisations, estimant que cette mesure améliore la diversification de la portion d’actions américaines du portefeuille.
À surveiller
Même si nous continuons de prôner une sélection ascendante des titres, la juxtaposition des conjonctures macroéconomiques et géopolitiques actuelles avec le fait que de nombreux marchés des actions frôlent ou touchent des sommets de tous les temps est de plus en plus déconcertante. Sous la surface de la performance globale de nombreux indices mondiaux, nous constatons un manque d’ampleur dans les récents progrès des marchés. Ensemble, les titres liés à la consommation et les segments baromètres industriels plus traditionnels laissent supposer une faiblesse sous-jacente. Bien que la croissance économique mondiale demeure positive, elle a ralenti, et nous avons constaté que le mot « déflation » commence à s’immiscer occasionnellement dans nos conversations avec les dirigeants d’entreprise, ce qui dénote un changement d’attitude par rapport aux dernières années.
En 1989, l’effondrement du Mur de Berlin a constitué un point d’inflexion qui a sonné la charge à une croissance économique mondiale plus inclusive, à une productivité accrue et à des rendements boursiers exceptionnels pendant les trois décennies suivantes. Nous craignons que les tendances actuelles (politiques plus protectionnistes, mondialisation réduite, conflits croissants et monde multi-polaire), jumelées au coût supérieur du capital, donnent lieu à des rendements réels inférieurs pour les actions dans l’avenir.
En ce qui concerne les coqueluches actuelles du marché, en l’occurrence les titres axés sur l’AI, le défunt Roy Amara a dit jadis : « Nous avons tendance à surestimer les effets à court terme d’une technologie et à en sousestimer les incidences à long terme ». Autrement dit, les marchés risquent de pécher par excès d’exubérance en extrapolant le rythme actuel de la demande liée à l’IA, car de nombreuses entreprises ont insuffisamment de données ou d’infrastructures pour déployer une IA générative à grande échelle au sein de leur organisation. Leur rendement du capital investi est également inconnu. Cela dit, la divergence entre le moment et le rendement d’un placement pourrait créer des occasions futures considérables, particulièrement pour les entreprises qui détiennent les avantages concurrentiels les plus importants.
Comme toujours, les évaluations sont les grands facteurs d’égalisation, et les deux axes de notre grille — qualité et évaluations — sont importants. Qu’elles soient liées à l’IA ou non, les entreprises qui dégagent des revenus récurrents vigoureux devraient tirer parti de la croissance économique soutenue, tout en recelant certaines propriétés défensives si la conjoncture macroéconomique se détériore. L’achat de tels titres en fonction d’un rabais par rapport à leur valeur intrinsèque devrait offrir une plus-value accrue dans un scénario optimiste et une meilleure protection contre les baisses advenant un repli des marchés. Nous visons l’équilibre le plus juste possible. Bien qu’il ne s’agisse pas d’une formule pour éviter des résultats inférieurs à ceux des indices de référence ou des rendements négatifs à court terme, nous croyons que cette approche devrait réduire la probabilité d’une insuffisance permanente du capital, tout en menant à la capitalisation des gains à long terme.
