Aperçu des marchés
Le dernier trimestre de 2023 a été exceptionnel pour les marchés boursiers et obligataires, ces deux catégories d’actifs enregistrant de solides rendements. Les cours boursiers et obligataires ont grimpé car les taux obligataires ont baissé et les investisseurs étaient de plus en plus confiants que les banques centrales
réaliseraient un atterrissage en douceur. Jusqu’ici, l’inflation a diminué sans trop nuire à la croissance économique (c’est ce qu’on appelle un scénario à la Boucle d’or), même si les effets décalés de la politique monétaire se font peut-être encore sentir sur l’économie. Les banques centrales, telles que la Banque du Canada et la Réserve
fédérale américaine, ont laissé leurs taux directeurs inchangés pendant la période et bien qu’il n’y ait aucune garantie que ce sera le cas, le marché anticipe des baisses de taux d’intérêt au Canada et aux États-Unis en 2024.
Dans ce contexte, les excellents rendements boursiers ont été généralisés et de nombreux secteurs ont terminé l’année en hausse. Les valeurs technologiques axées sur la croissance figurent parmi les principaux bénéficiaires de la baisse des taux d’actualisation, tandis que la chute des prix de l’énergie a freiné le secteur de l’énergie. Sur
le plan géographique, la Chine a connu une léthargie digne de mention à l’échelle mondiale, en raison des défis
économiques qu’elle doit surmonter.
Comment avons-nous performé?
En cette période d’exubérance des marchés boursiers, la majorité de nos titres en portefeuille ont affiché des rendements trimestriels positifs.
- Le cours des entreprises technologiques Amazon.com et Microsoft et du fabricant de semi-conducteurs TSMC a progressé, vu la perspective d’une baisse des taux d’actualisation et parce que les investisseurs sont confiants qu’elles vont mener à bien leur stratégie d’entreprise.
- Deux titres liés à l’immobilier, la maison de courtage immobilier commercial Colliers International Group et le gestionnaire d’actifs Brookfield Corporation, ont obtenu de bons rendements par suite de la baisse des taux obligataires et de l’augmentation des attentes d’un atterrissage en douceur de l’économie.
- Bon nombre de nos titres bancaires ont bien performé, en particulier JP Morgan Chase, la banque suédoise Svenska Handelsbanken, la Banque de Montréal et la Banque Royale du Canada. Même si ces titres ont gardé le cap pendant le trimestre, nous surveillons encore de près ce sous-secteur car les taux d’intérêt élevés pourraient nuire à la demande de prêts et faire grimper les coûts de financement, sans compter que les provisions pour pertes sur prêts continuent de nous préoccuper.
- Une autre société qui a enregistré de bons résultats est le fabricant de machines à café haut de gamme De’Longhi, car la baisse des coûts de transport et de production lui a permis d’accroître ses marges de profit et ses bénéfices.
Malgré la vigueur généralisée des marchés, ce ne sont pas toutes les entreprises qui ont pu surfer sur cette vague.
- Les sociétés de production d’énergie Equinor, Suncor Énergie et Canadian Natural Resources, que nous détenons, ont accusé un retard sur le marché parce que les prix du pétrole ont chuté pendant le trimestre.
- Certaines maisons de courtage et cabinets d’experts-conseils en assurance, dont Arthur J. Gallagher et Marsh & McLennan, accusaient un retard à la fin de la période en raison de la baisse des taux obligataires, qui a une incidence sur le rendement que ces sociétés peuvent tirer de leur flottant. Qui plus est, la diminution des attentes
d’inflation se répercute sur le potentiel de croissance des revenus futurs lié à la souscription de nouveaux régimes d’assurance. Le cours d’un autre courtier d’assurance, AON, a chuté après qu’il a annoncé l’acquisition d’un courtier du marché intermédiaire.
Les excellents rendements dont ont bénéficié nos clients qui investissent dans nos stratégies équilibrées témoignent du pouvoir des taux d’actualisation car, à partir du moment où les attentes du marché ont changé quant à la probabilité de baisses des taux directeurs des banques centrales en 2024, les marchés obligataires et boursiers ont monté en flèche.
À la fin de novembre, nous avons révisé nos cibles de répartition de l’actif, ce qui nous a amenés à réduire la pondération des actions et à investir davantage de liquidités dans les obligations. Lorsque les marchés boursiers se sont redressés, nous nous sommes inquiétés de l’effet à retardement des hausses de taux d’intérêt, si bien que nous avons accru la pondération des obligations afin de permettre à nos portefeuilles de mieux résister en cas de récession ou de ralentissement économique. Même si les investisseurs sont de plus en plus optimistes, nous croyons qu’il est prudent de maintenir une répartition équilibrée de l’actif et de ne pas nous exposer outre mesure à un scénario en particulier.
À surveiller
Un modèle très simple nous dit que les marchés boursiers sont influencés à court terme par quatre facteurs : les bénéfices, les taux d’intérêt, les événements et la confiance des investisseurs. En 2024, tout porte à croire que les guerres, les changements réglementaires, les événements géopolitiques et les nouvelles technologies auront une incidence sur les marchés. Nous croyons que les investisseurs vont surveiller attentivement la manière dont les banques centrales vont gérer les taux d’intérêt et s’intéresser à la demande économique, à savoir si elle sera aussi résiliente qu’elle l’a été jusqu’à présent. Sept des dix pays les plus peuplés iront aux urnes en 2024. Pour reprendre les termes de Benjamin Graham, l’humeur proverbialement changeante de M. Marché évolue parfois rapidement.
Investir est souvent une expérience qui nous oblige à faire preuve d’humilité, tout comme formuler des énoncés prospectifs! Il y a trois mois, cette même rubrique, intitulée « À surveiller », portait principalement sur les valorisations et le risque qu’elles soient désormais exagérées, compte tenu des signes de ralentissement de l’économie mondiale. À la lumière des rendements astronomiques du quatrième trimestre, on peut dire que cet énoncé a plutôt mal vieilli.
Heureusement, notre méthode de placement ne repose pas uniquement sur ces évaluations macroéconomiques d’ordre général; nous veillons plutôt à maintenir une répartition équilibrée de l’actif dans chacun de nos portefeuilles. Nous nous attardons aux rendements à très long terme et nous en remettons davantage à l’analyse ascendante. Plus précisément, nous nous affairons à repérer les entreprises capables de créer de la richesse en générant des rendements sur le capital investi supérieurs au coût du capital pendant de nombreuses années grâce à leurs avantages concurrentiels durables. Lorsqu’elles sont dirigées par des gestionnaires compétents, ces entreprises, dont les modèles d’affaires créent de la richesse, peuvent s’améliorer et prendre de l’expansion. En nous concentrant sur les entreprises dont les biens et les services confèrent une véritable valeur à leurs clients, nous réduisons intrinsèquement (sans toutefois jamais pouvoir l’éliminer) le risque que des événements ou des chocs portent un coup fatal à leurs modèles d’affaires.
Nous demeurons préoccupés par la valorisation des titres bien que les attentes du marché laissent présager un atterrissage en douceur, étant donné que l’expérience passée nous a appris que ce n’est pas le seul scénario possible, ni le plus probable. Les changements de politique monétaire se font souvent sentir longtemps après et ceux effectués au cours du présent cycle de resserrement ne se sont peut-être pas encore répercutés complètement sur l’économie. Nous réglons nos modèles d’actualisation des flux de trésorerie de manière à ce que nos portefeuilles bénéficient toujours d’une marge de sécurité appropriée et misons sur nos simulations stochastiques pour parer aux divers scénarios possibles.
Peu importe l’évolution des taux d’intérêt, les événements qui nous préoccupent et le degré de confiance des investisseurs, nous savons qu’à long terme, les cours boursiers sont habituellement proportionnels à la véritable création de richesse. Par conséquent, nous continuons à nous appuyer fortement sur la durabilité de notre philosophie et de notre méthode de placement afin de gérer de manière responsable les placements de nos clients pendant ces périodes d’incertitude.
