Aperçu des marchés
Pendant le trimestre, les banques centrales du monde ont poursuivi la mise en œuvre de leurs démarches
de relâchement, bien qu’à des rythmes variés. Ces politiques divergentes ont mis en lumière les disparités économiques des diverses nations. Notamment, les indicateurs de croissance se sont affaiblis en Europe, en Chine et au Japon. En décembre, la Réserve fédérale américaine a communiqué une approche plus prudente à l’égard des futures réductions des taux d’intérêt compte tenu de la solidité de l’économie et de l’effervescence des activités sur le marché de l’emploi, ainsi que de la persistance des craintes inflationnistes.
L’économie canadienne est demeurée léthargique compte tenu du ralentissement de la croissance du PIB, de
la diminution de l’inflation et de l’accroissement du taux de chômage attribuable à la forte augmentation de la population. L’abaissement des taux d’intérêt par la Banque du Canada visait à contrecarrer l’affaiblissement de l’économie, mais les menaces commerciales et les rebondissements politiques à Ottawa ont pesé lourd sur la confiance. Le dollar canadien s’est déprécié davantage pendant le trimestre, ce qui s’explique par la vigueur soutenue de celui des États-Unis et qui laisse peut-être présager des craintes de la part des marchés à l’égard de la trajectoire économique du pays.
Le dernier trimestre de 2024 s’est caractérisé par des résultats boursiers variables et par l’évolution de la dynamique macroéconomique. Les actions américaines, surtout celles de grandes et de moyennes capitalisations, ont continué de faire bonne figure, propulsées par l’optimisme entourant la réglementation et le contexte favorables aux entreprises sous la tutelle de l’administration réélue. Pour leur part, les actions canadiennes ont enregistré des rendements modérés pendant le trimestre. Celles de petites capitalisations ont notamment subi les contrecoups de la hausse des taux d’intérêt. Les actions internationales et des marchés émergents ont tiré de l’arrière sur celles des États-Unis, ce qui mettait en lumière certains enjeux mondiaux, dont la fragmentation géopolitique, l’appréciation du dollar américain et les tensions commerciales.
Comment avons-nous performé?
Les détenteurs de fonds équilibrés ont enregistré des résultats positifs au quatrième trimestre et pour la période précédente de 12 mois, ce qui est attribuable aux rendements vigoureux à deux chiffres de la majorité des marchés des actions et à ceux d’environ 5 % des obligations canadiennes.
Cela dit, le rendement relatif a tiré de l’arrière sur l’indice cible en raison de la sous-performance de certaines de nos stratégies d’actions pendant le trimestre. En effet, celle d’actions américaines a eu de la difficulté à suivre le rythme d’un marché dominé par une poignée de titres en plein essor dans les domaines de la technologie et de la consommation (c’est-à-dire NVIDIA, Broadcom, Tesla, Meta, Netflix et Apple). Le rendement de notre stratégie d’actions mondiales de petites capitalisations n’a pas été à la hauteur des attentes en raison de la position sous-pondérée des actions américaines, segment du marché qui a fait l’objet d’exubérance, et des obstacles qui se sont dressés devant certaines sociétés en portefeuille. Cela dit, ce dernier est bien positionné en vue de l’avenir compte tenu de l’attention rigoureuse que nous accordons aux évaluations et du fait que bon nombre des obstacles pourraient être temporaires. Sur une note positive, notre stratégie d’actions internationales a prêté main-forte au rendement relatif, ayant devancé son indice cible pendant le trimestre. Le rendement des obligations canadiennes s’est avéré conforme à l’indice cible.
Pendant le trimestre, bon nombre des sociétés financières en portefeuille se sont bien comportées, ayant tiré parti du redressement de la courbe de rendement et de l’optimisme général entourant les perspectives des marchés des capitaux. Brookfield Asset Management a enregistré de solides bénéfices rattachés aux frais perçus dans plusieurs de ses segments. Ses dirigeants ont signalé une amélioration des perspectives entourant les ventes d’actifs à la lumière de la diminution des taux d’intérêt et du regain de liquidité des marchés. Les bénéfices de iA Groupe financier, société canadienne d’assurance de personnes, ont surpassé les attentes compte tenu des résultats solides des divisions d’assurance et de gestion du patrimoine de l’entreprise. Celle-ci est reconnue pour son rendement soutenu, lequel s’appuie sur ses plateformes technologiques et sur la gestion prudente de ses placements.
Aon, autre membre de premier ordre du secteur des services financiers, est une société de courtage en assurance et de services-conseils qui a déclaré des bénéfices robustes pour ses activités de base et ses récentes acquisitions. Visa, plus vaste réseau de paiements au monde, a maintenu sa performance vigoureuse à la lumière de ses prévisions en matière de revenus et de profits, qui étaient conformes à ses résultats antérieurs et qui ont, ainsi, rassuré les actionnaires. Par ailleurs, CME Group, important exploitant mondial de bourses d’échanges, a tiré parti de la vigueur des volumes de négociations, de la volatilité des taux d’intérêt et de l’incertitude entourant les élections.
Au quatrième trimestre, un thème récurrent a résidé dans la robustesse de la devise américaine à la lumière d’une croissance relativement plus forte et des taux relativement plus élevés aux États-Unis. Cette situation s’est avérée avantageuse pour certains des piliers du portefeuille à long terme et internationaux qui bénéficient de revenus en dollars américains, tels que Compass Group et Wolters Kluwer.
Fait digne de mention, TerraVest Industries, qui fabrique des réservoirs de combustibles, s’est particulièrement illustrée au cours de la dernière année. Selon nous, cette entreprise a profité de la forte capacité d’exécution de ses dirigeants et de l’attention accrue que lui accordent les participants des marchés. En fait, la performance vigoureuse du titre a mené à son inclusion à l’indice composé S&P/TSX.
En ce qui concerne l’intelligence artificielle (IA), nous croyons que son déploiement occupe toujours un stade précoce et que, de ce fait, les « gagnants » et les « perdants » sont trop difficiles à prédire. C’est pourquoi nous conservons une exposition diversifiée aux entreprises qui tirent parti des cas d’utilisation de l’IA, ainsi qu’à celles qui sont axées sur la construction de l’infrastructure requise. Ce trimestre, Taiwan Semiconductor Manufacturing Co. a fait bonne figure en raison de la forte demande engendrée par l’IA et de ses technologies avancées en matière de puces. De plus, Amphenol, chef de file dans la fabrication de produits d’interconnexion électriques et de capteurs, a maintenu sa trajectoire positive et enregistré une croissance notable sous l’impulsion de ses produits liés à l’IA.
En revanche, les actions d’entreprises qui fournissent des outils essentiels à la fabrication de semi-conducteurs, telles que ASML et ASM International, ont fléchi à la lumière des craintes entourant les restrictions imposées aux exportations américaines, des tensions géopolitiques et de l’affaiblissement de la demande dans certains segments. De plus, Converge Technology Solutions, fournisseur axé sur les services en matière de solutions technologiques et infonuagiques, a déclaré des résultats décevants en raison de la lenteur supérieure aux attentes du cycle de remplacement des appareils. Nous croyons toutefois que ces obstacles sont temporaires et que les évaluations demeurent avantageuses.
Au quatrième trimestre, le rendement de certains de nos titres « ennuyants » s’est avéré terne. Citons notamment celui de Ashtead Group et Bunzl, ainsi que des fournisseurs de machinerie de construction Finning International et Toromont Industries. Ces entreprises subissent la normalisation de leurs marges dans un environnement d’exploitation plus rigoureux, caractérisé par des dépenses modérées. Cela dit, leurs dirigeants continuent de bien réagir aux facteurs contrôlables.
Les actions de CCL Industries, principal imprimeur mondial d’étiquettes à usage commercial, ont aussi régressé sous le spectre de comparaisons plus difficiles et, selon les dirigeants, des pressions déflationnistes causées par l’amenuisement des perspectives de consommation. Stella-Jones, important fabricant de produits en bois traité, a assisté à la chute de ses actions, et ce, après avoir enregistré un rendement vigoureux plus tôt dans l’année. Ses bénéfices prévisionnels laissent présager un ralentissement de la croissance du marché des poteaux électriques; toutefois, nos recherches et nos récentes activités de diligence raisonnable ont réaffirmé notre confiance à l’égard du potentiel à long terme de l’entreprise.
Enfin, le secteur des soins de santé en a arraché pendant le trimestre, ayant subi les contrecoups de la hausse des coûts médicaux, de la diminution des remboursements, des modifications susceptibles d’avoir des incidences sur les politiques d’assurance en lien avec la Affordable Care Act, Medicaid et le prix des médicaments sous la tutelle du président Trump, ainsi que de la préférence des investisseurs pour les actions de croissance. Dans ce contexte, les titres de Danaher, ICON PLC et CVS Health, de même que ceux de sociétés pharmaceutiques internationales telles que Novo Nordisk et AstraZeneca, ont nui au rendement des stratégies. Novo Nordisk a aussi été touchée par les résultats inférieurs aux attentes d’un nouveau traitement.
À surveiller
Pour l’avenir, le Canada fait face à des perspectives variables. Bien que la diminution des taux d’intérêt soit
apte à stimuler les dépenses des consommateurs et les investissements des entreprises, certains enjeux, tels que la faible productivité, les coûts élevés du logement et les incertitudes commerciales liées aux politiques de la nouvelle administration américaine, pourraient créer des turbulences économiques. Malgré la dépréciation du dollar canadien, les tarifs douaniers qui ciblent les exportations canadiennes exercent des pressions additionnelles, surtout pour les industries qui dépendent du commerce transfrontalier. Cela dit, ces dynamiques sont aptes à avantager les entreprises qui perçoivent leurs revenus en dollars américains ou qui exploitent leurs activités à l’échelle mondiale, alors que l’affaiblissement du dollar canadien pourrait favoriser une recrudescence des activités de fusion et d’acquisition.
À certains moments, une approche de placement axée sur la qualité peut sembler indésirable, surtout quand les marchés sont propulsés par un enthousiasme spéculatif. Or, nous restons fidèles à notre conviction voulant que le respect rigoureux de notre philosophie produise des résultats avantageux à long terme pendant la durée des cycles économiques.
Notre approche de placement consiste à ne pas tenir compte des modes passagères, à garder notre sang-froid et à nous concentrer sur la création viable de richesses, plutôt que de nous laisser emporter par l’effervescence des marchés. Dans le contexte actuel, où une grande partie de l’attention des marchés est concentrée sur les « Sept Magnifiques », nous repérons des occasions alléchantes dans le marché, comme parmi les 493 autres entreprises inscrites à l’indice S&P 500 et celles qui se distinguent par leur modèle d’affaires durable.
Chez Mawer, nous adhérons à une perspective de placement à long terme indépendamment des conditions des marchés. Grâce à une analyse soignée et à une sélection de placements de premier ordre, nous nous efforçons de favoriser l’accroissement du capital de nos clients au fil des ans, tout en reconnaissant que les fluctuations boursières font partie intégrante du parcours.
