Aperçu des marchés
Malgré un début de trimestre encourageant, les marchés boursiers mondiaux ont clôturé en territoire négatif car les événements survenus pendant la période ont ralenti leur élan. Les intentions de la Réserve fédérale américaine de laisser les taux d’intérêt plus élevés pendant un certain temps encore ont provoqué une hausse
des taux obligataires tout le long de la courbe et ont miné la confiance des investisseurs. Le dollar américain s’est aussi fortement apprécié étant donné que l’économie américaine n’a pas ralenti autant que les autres. Par conséquent, le troisième trimestre a vu un retour du repli simultané des obligations et des actions.
Après avoir recommencé à lutter contre l’inflation en procédant à des hausses de taux en juin et en juillet, la Banque du Canada a fait une pause en septembre vu le ralentissement de la croissance économique. Cependant, l’inflation persistante continue de préoccuper les autorités monétaires car les statistiques fondamentales ne
semblent pas vouloir s’améliorer. La hausse des prix du pétrole et la résilience du marché du travail risquent également d’accentuer les pressions inflationnistes. La Banque du Canada a laissé entendre qu’elle pourrait à nouveau augmenter son taux directeur si nécessaire.
Bien que le marché semble confiant que les banques centrales vont parvenir à réduire l’inflation sans trop nuire à la croissance, la baisse des marchés boursiers et l’augmentation des taux obligataires vers la fin du trimestre nous rappellent que la confiance des investisseurs peut basculer rapidement.
Comment avons-nous performé?
Pendant le trimestre, nous avons observé une divergence de rendement des titres en portefeuille; c’est peut-être un signe de la fragilité de l’économie et des divers enjeux qui assombrissent les perspectives de croissance mondiale. Dans ce contexte de turbulence, nous privilégions des entreprises bien gérées et résilientes, dotées de bons avantages concurrentiels, et plusieurs d’entre elles se sont distinguées au cours du trimestre.
- Novo Nordisk a connu un bon trimestre car il a été démontré que son traitement contre l’obésité, qui a connu un grand succès, réduit considérablement le risque d’accidents cardiovasculaires. Notre thèse de placement initiale était fondée sur le fait qu’une excellente culture d’entreprise et la recherche et le développement ciblés peuvent favoriser l’innovation. Notre thèse semble se concrétiser car la société fait des percées dans des domaines reliés au diabète, comme l’obésité.
- CME Group, exploitant de bourse d’instruments dérivés et de contrats à terme sur indices boursiers, a obtenu un rendement appréciable. Ce titre diversifie particulièrement bien notre portefeuille, étant donné que l’entreprise a tendance à bien se comporter pendant les périodes d’incertitude macroéconomique, car celles-ci peuvent entraîner un accroissement de l’activité sur ses diverses plateformes.
- Kaspi.kz du Kazakhstan, dont la super application domine les marchés des exploitants de plateformes de paiement numérique, du cybercommerce et de la technologie financière dans son pays, a affiché des résultats mirobolants. Un de nos gestionnaires de portefeuille s’est récemment rendu au Kazakhstan et a été en mesure de constater sur place qu’elle occupe une part de marché dominante.
En revanche, toutes les entreprises n’ont pas réussi à bien performer pendant le trimestre; certains titres ont subi les contrecoups des inquiétudes des investisseurs et de leurs attentes à court terme.
- L’incertitude macroéconomique a eu un impact sur l’intérêt des investisseurs envers le conglomérat d’articles de luxe LVMH. Il a connu une croissance exceptionnelle ces dernières années mais la demande pour ses produits commence à s’estomper.
- Les craintes relatives à la demande ont eu des répercussions sur la plupart des fabricants de semi-conducteurs, y compris les titres en portefeuille TSMC, Texas Instruments et ASML Holding. Cette industrie subit encore les effets des risques géopolitiques.
- Dollar General’s a déclaré des marges d’exploitation plus basses, ce qui laisse entendre que sa capacité à continuer de refiler les augmentations de prix à ses clients semble limitée, compte tenu des pressions auxquelles ceux-ci sont confrontés.
Un autre thème digne de mention au cours du trimestre a été la hausse du cours de nombreuses sociétés énergétiques positionnées pour tirer parti des prix plus élevés du pétrole : Canadian Natural Resources, Suncor Énergie, Equinor et Shell figurent parmi les titres en portefeuille les plus performants. Par ailleurs, le cours de beaucoup d’entreprises de télécommunications s’est incliné, dont celui de Telus, Verizon Communications et Cogeco. Les sociétés de télécommunications ont de la difficulté à exercer leur pouvoir d’établissement des prix et leurs perspectives de croissance sont généralement moins favorables.
Les investisseurs en stratégies équilibrées ont perdu une partie des gains enregistrés pendant la première moitié de l’année car autant les obligations que les actions se sont repliées pendant la période. Du point de vue de la répartition de l’actif, nous surpondérons les liquidités et sous-pondérons les obligations, conformément à notre cible tactique actuelle. Les rendements des bons du Trésor font en sorte que nous croyons être adéquatement récompensés pour notre patience, surtout compte tenu de l’incertitude entourant la trajectoire future des taux d’intérêt. De plus, la pondération des actions en portefeuille demeure pratiquement neutre et, pour le moment, nous sommes à l’aise avec cette décision, compte tenu de l’incertitude macroéconomique omniprésente. À un moment donné, nous serons peut-être plus tentés de dévier de la pondération neutre si nous trouvons de bonnes occasions de placement et que, collectivement, sommes convaincus du bien-fondé de nous en écarter.
À surveiller
Plusieurs facteurs de vulnérabilité assombrissent les perspectives de croissance mondiale, notamment les effets du resserrement de la politique monétaire sur l’économie, les signes de ralentissement des dépenses de consommation et l’économie chinoise qui tourne encore au ralenti. Sur le plan de l’inflation, il est extrêmement difficile de savoir quelle sera l’orientation des taux d’intérêt et les investisseurs vont surveiller de très près les données sur l’inflation pour savoir si de nouvelles hausses de taux sont justifiées.
Lors de nos récentes réunions sur la gestion des risques, nous nous sommes penchés sur les risques liés à la valorisation des titres, qui nous paraît élevée dans certains secteurs d’activité, d’autant plus que les signes de ralentissement de l’économie mondiale se multiplient. La forte hausse des taux obligataires a brouillé encore plus les
perspectives des actions parce que l’inflation a diminué au cours de la dernière année, si bien que les rendements réels—habituellement négativement corrélés aux cours boursiers—ont augmenté. Pourtant, malgré le repli survenu à la fin du trimestre, nous craignons que les valorisations montrent encore que les investisseurs sont trop confiants et anticipent un atterrissage en douceur de l’économie.
Cela étant dit, nos stratégies d’actions ne cherchent pas à reproduire le rendement de l’ensemble du marché. Nous avons réglé nos modèles d’actualisation des flux de trésorerie de manière à ce que nos portefeuilles bénéficient d’une marge de sécurité appropriée et effectué des simulations stochastiques pour parer aux divers scénarios possibles. Après tout, les autorités monétaires ont pu éviter de nuire outre mesure à l’économie jusqu’à présent et la combinaison de taux d’emploi élevé et d’énormes dépenses en infrastructures soutient la demande globale. Étant donné la précarité de l’économie mondiale, privilégier des entreprises solides et bien gérées, dotées d’avantages concurrentiels viables, qui génèrent des revenus récurrents, ont des structures de coûts flexibles, maintiennent leur position de chefs de file, évitent de courir des risques inutiles en s’endettant trop et dont les titres se négocient à escompte par rapport à leur valeur intrinsèque pourrait s’avérer d’une importance capitale au cours des prochains mois.
