Aperçu des marchés
Au troisième trimestre de 2024, la croissance mondiale a continué de ralentir sous le poids des hausses précédentes des taux d’intérêt par les banques centrales. Cela dit, la Réserve fédérale américaine a, en septembre, procédé à sa première réduction de taux du cycle en cours, rejoignant ainsi la Banque du Canada et d’autres banques centrales, qui avaient déjà commencé à prendre de telles mesures à la lumière de l’atténuation de l’inflation. Cela a offert un répit à certaines familles et entreprises qui étaient confrontées à des difficultés en raison des taux d’intérêt élevés. Bien que l’orientation de l’inflation et des taux d’intérêt ne soit jamais garantie, la période d’assouplissement du cycle économique a débuté.
Pendant le troisième trimestre, les gains des marchés des actions se sont étendus à des secteurs sensibles aux taux d’intérêt, tels que ceux de l’immobilier, des services aux collectivités et des services financiers, qui ont propulsé divers indices boursiers vers des sommets de tous les temps. En revanche, celui de la technologie a perdu du terrain en raison des doutes des investisseurs quant aux évaluations élevées qui avaient été attribuées à certaines sociétés bénéficiaires des dépenses consacrées à l’intelligence artificielle (IA). Le resserrement des écarts de crédit et l’exubérance soutenue au sein de plusieurs marchés boursiers pourraient suggérer que les investisseurs assignent seulement une faible probabilité au risque de récession.
Sur le plan géographique, les actions canadiennes ont mené au chapitre des gains au troisième trimestre, ce qui s’explique par leur forte exposition aux industries sensibles aux taux d’intérêt. Elles ont été suivies de celles de l’Europe, du Japon et des marchés émergents, qui ont tiré parti de l’affaiblissement du dollar américain. À la fin du trimestre, les mesures de stimulation annoncées en Chine ont éperonné les cours boursiers de certaines industries et sociétés exposées à ce pays, et ce, en dépit de la persistance de certaines difficultés à long terme. Quant aux obligations, elles ont aussi remonté la pente après que les taux ont mis fin à leur période haussière de deux trimestres consécutifs.
Comment avons-nous performé?
Dans la majorité des cas, les entreprises « ennuyantes » se sont mieux comportées qu’au cours des deux trimestres précédents. Plusieurs titres en portefeuille se sont illustrés, et ce, malgré la volatilité qui a ébranlé les marchés en juillet et en août.
Colliers International Group, fournisseur de services diversifiés à l’intention du secteur de l’immobilier commercial, a mis à profit l’embellissement des perspectives de ce secteur et la diminution des taux d’intérêt. Granite Real Estate Investment Trust, FPI industrielle, a aussi tiré parti de l’amélioration des perspectives du secteur immobilier.
Par ailleurs, Aon, entreprise de courtage d’assurance, a enregistré une forte croissance organique pendant sa récente période de publication des résultats et constate maintenant les effets positifs d’une récente acquisition qui avait pesé lourd sur son titre plus tôt dans l’année. iA Groupe financier a obtenu des résultats supérieurs aux attentes des analystes, ce qui tient surtout au rendement de sa division de services d’assurance de base. L’entreprise continue d’être gérée prudemment et d’afficher un faible appétit pour le risque, que ce soit au chapitre de la sélection des risques que de ses placements, ce qui nous plaît.
Intercontinental Exchange et CME Group, exploitants de bourses d’échange, sont d’autres exemples d’entreprises antifragiles qui se sont bien comportées au cours du dernier trimestre, étant donné qu’elles tirent parti de la volatilité, et qui ont joué un rôle de premier plan dans la protection du portefeuille contre l’incertitude des marchés. Pendant cette période, l’intensification de la volatilité a entraîné un accroissement notable du volume des opérations boursières, ce qui, de concert avec l’adoption de mesures de contrôle des coûts, a aidé CME Group à élargir ses marges.
Certaines des sociétés en portefeuille du Japon ont fait très bonne figure pendant le trimestre. BayCurrent Consulting, entreprise de consultation en gestion, KDDI, société de télécommunications, et MonotaRO, distributeur interentreprises de produits liés à l’entretien, aux réparations et à l’exploitation, ont tous fait un bond après avoir été léthargiques plus tôt dans l’année. BayCurrent continue d’embaucher du personnel pour profiter de la forte demande, au Japon, de services de conseils informatiques, laquelle découle des sous-investissements effectués antérieurement dans la technologie par les sociétés de ce pays. Le marché s’est réjoui quand les revenus par conseiller de cette entreprise se sont avérés supérieurs aux attentes. De plus, étant donné que KDDI, BayCurrent et MonotaRO sont toutes orientées vers le marché intérieur, les investisseurs nord-américains ont aussi tiré parti de l’appréciation considérable du yen.
Contrairement aux trimestres précédents, les sociétés en portefeuille exposées à l’IA n’ont pas suivi le rythme du marché au cours des trois derniers mois. Citons notamment ASML, fabricant de machines de lithographie avancées, et ASM International, société de conception de la technologie de dépôt par couche atomique à plaquette unique.
Hors du domaine de l’IA, Novo Nordisk a également reculé en raison de l’accroissement des risques réglementaires et de l’augmentation potentielle de l’intensité concurrentielle dans le secteur des médicaments contre l’obésité.
À l’instar du trimestre dernier, les ménages sont demeurés confrontés à des difficultés financières en raison de la hausse du coût de la vie, ce qui a nui à certains de nos titres axés sur les produits de consommation, dont Dollar General, LVMH Moët Hennessy, entreprise de biens de luxe, Nike, BMW et Estée Lauder Companies, société de produits de beauté.
La faiblesse de ces sociétés de produits de consommation a été partiellement neutralisée par la performance améliorée d’autres piliers de ce secteur. Notamment, les actions de Bunzl, distributeur de produits consommables, et de Compass Group, entreprise de services traiteur, ont dégagé des résultats supérieurs aux attentes, suggérant ainsi que notre thèse de placement à leur égard demeure intacte.
Au cours du trimestre, notre position sous-pondérée dans le secteur de l’énergie s’est avérée avantageuse, puisque les prix du pétrole ont fléchi sous l’effet des craintes suscitées par un ralentissement de la demande. Par ailleurs, le prix au comptant de l’or a atteint un sommet de tous les temps à la lumière de la diminution des taux d’intérêt et de la dépréciation du dollar américain, ce qui a nui à notre rendement compte tenu de notre participation nulle à l’industrie des mines et des métaux. Notre philosophie de placement privilégie les entreprises qui créent de la richesse et qui détiennent des avantages concurrentiels durables. Jusqu’à présent, nous avons eu de la difficulté à repérer des producteurs aurifères qui répondent à ces critères.
Pour les titulaires de placements équilibrés, le rendement absolu de certaines stratégies s’est amélioré comparativement au trimestre précédent et celui des obligations s’est avéré raisonnable à la lumière de la diminution des taux d’intérêt. Compte tenu de notre exposition neutre aux titres de créance, nous n’avons pas profité du resserrement additionnel des écarts de crédit. Comme les taux d’intérêt ont continué de diminuer pendant le trimestre, la stratégie équilibrée a affecté des capitaux additionnels aux obligations, ce qui a permis à leur pondération de se rapprocher de leur cible stratégique. Une proportion légèrement supérieure de titres à revenu fixe offre une certaine protection contre les baisses advenant un ralentissement ou une récession, tout en tenant compte d’un rendement prévu moins élevé sur l’encaisse.
À surveiller
Pendant le trimestre, nous avons assisté à un nouveau phénomène, en ce sens que plusieurs marchés boursiers ont atteint de nouveaux sommets sans le secteur de la technologie en tête du classement. Au premier semestre, ce sont largement les sociétés liées à l’IA qui avaient donné le ton à la vigueur des marchés publics des actions.
Au cours du troisième trimestre, alors que l’inflation continuait de s’atténuer, les marchés ont maintenu leur exubérance et leurs gains se sont étendus pour inclure les secteurs sensibles aux taux d’intérêt, tels que ceux de l’immobilier, des services aux collectivités et des services financiers, qui ont bénéficié de la diminution des taux.
En outre, le marché semble manifester moins de conviction qu’il y a six mois à l’égard de l’IA. Il est donc permis de se demander si l’IA représente une tendance réellement durable. À notre avis, c’est bel et bien le cas. Nous venons sans doute de traverser le stade de la frénésie, au cours duquel les gens s’emballent à l’égard d’une technologie susceptible de changer la donne. Comme nous l’avons constaté dans le passé, cette frénésie dépasse souvent la réalité à court terme, entraînant une certaine correction. Autrement dit, les innovateurs précoces en matière de technologie ne sont pas toujours des gagnants à long terme, et l’innovation n’est pas toujours synonyme de profitabilité à longue échéance.
Bien que l’étape d’assouplissement du cycle économique ait débuté, la volatilité et les changements en matière de leadership du marché semblent être étroitement liés aux attentes relatives à l’orientation des taux d’intérêt. Le resserrement des écarts de crédit et les sommets de tous les temps pour plusieurs marchés boursiers semblent suggérer que les investisseurs anticipent une faible probabilité de récession et une continuation de la diminution des taux d’intérêt.
Nous sommes conscients du fait que l’orientation de l’inflation et des taux d’intérêt n’est jamais garantie et que le début d’un cycle de réduction des taux ne permet pas nécessairement de prévoir une récession ou l’orientation des marchés boursiers à court terme. C’est pourquoi Mawer croit fermement qu’il vaut mieux se préparer que de tenter de prédire l’avenir, principe qui est au coeur de notre processus d’investissement. Les placements effectués dans un portefeuille diversifié de véritables entreprises qui détiennent d’importants avantages concurrentiels, génèrent des revenus récurrents, disposent d’une assiette de coûts flexible, détiennent une position dominante au sein de leur industrie, sont dirigées par des personnes compétentes et s’abstiennent de prendre des risques inutiles en matière d’endettement devraient mener à la création de richesse. Bien que l’attitude des investisseurs puisse changer de façon rapide et imprévisible à court terme, l’obtention de rendements corrigés du risque à long terme est toujours l’objectif visé.
